Édition en mode texte de {relations intérieures de la Fédération anarchiste}
Sommaire de la page :

Articles

Brèves

Articles récents

Rubrique : {La société et le projet anarchiste }

BE A SON OF A BEACH ! (1)

Otis TARDA, ML Hors Série n° 35, juillet 2008

Le mercredi 27 août 2008 par Gr Louise Michel

Les inconditionnels du Journal Officiel n’auront pas manqué, le 28 mars 2008, la recommandation de la Commission générale de terminologie et de néologie sur l’équivalent français à l’expression beach+[sport]. Voici ce qu’elle dit :

A l’origine, les sports de plage étaient des jeux autoarbitrés et sans enjeu, constituant une activité de loisir dont les règles étaient inspirées de celles des disciplines officielles, mais librement adaptées par les joueurs à chaque partie. Aujourd’hui, des disciplines à part entière se développent, ayant en commun de se pratiquer pieds nus sur un terrain couvert de sable, aux dimensions fixées, selon des règles universelles strictes. Déjà le beach volley-ball a acquis le statut de discipline olympique. Par ailleurs, tous ces sports se jouent de plus en plus en milieu citadin, dans des arènes conçues à cet effet.

En anglais, ces disciplines sont nommées en faisant précéder le nom de la discipline de base par le mot beach : beach volley-ball, beach hockey, beach tennis, beach soccer... Le terrain de sable constituant l’élément caractéristique commun à ces disciplines, l’expression « sur sable » semble la mieux adaptée en français. De même qu’on parle de hockey sur gazon, sur glace ou sur parquet, de tennis sur gazon, sur terre battue ou sur surface synthétique, on peut parler de hockey sur sable, de tennis sur sable, de volley sur sable, etc. La Commission générale de terminologie et de néologie recommande de s’en tenir à une formulation unique et cohérente, par l’ajout de la mention « sur sable » à tous les noms des sports concernés par cette nouvelle pratique.

Un mot sur la langue

Notons l’enjeu de pouvoir qu’il y a dans la maîtrise du lexique. D’un côté, le sport moderne comme invention socio-historique accompagnant celle du capitalisme dans l’univers anglo-saxon du XIXe (2), l’usage de termes anglais étant un vecteur de propagation. De l’autre côté, depuis les Serments de Strasbourg en 842 jusqu’à la loi Toubon en 1994, le français comme affirmation politique du pouvoir central, qui, en France plus qu’ailleurs, correspond à l’histoire de l’Etat (3). N’étant ni « fans » du premier, ni fanatiques du second (pour retourner respectivement chaque mot contre sa langue !), les anarchistes ne choisiront pas un camp plutôt que l’autre, mais retiendront l’enjeu de choisir et d’alimenter notre propre lexique pour dire nos propres réalités, concepts ou rêveries.

A la lanterne, donc, le second paragraphe de la recommandation ! C’est le premier qui méritera ici l’honneur de nos suffrages ( !).

La règle du pouvoir

En bons lexicologues, les membres de la Commission décrivent la réalité sociale des pratiques dont ils cherchent la meilleure dénomination, nous offrant une puissante synthèse du principe d’évolution en société capitalo-étatique. Derrière les claustras de la recommandation, c’est Clastres (4) qu’on apercevrait ! N’est-il pas intéressant de relever qu’aux origines de cette pratique, on trouve des jeux autoarbitrés, pas d’enjeu autre que le plaisir, et des règles librement adaptées par les joueurs à chaque partie. Bref, la règle dictée par les contingences, et l’autogestion comme condition et garantie du plaisir. J’ajouterai que s’agissant de pratiques de plages, il y a aussi un rapport au corps pour le mettre en prise immédiate avec l’environnement naturel (pieds nus et en maillot de bain).

Puis la machine spoliatrice se met en place. On fige les règles du terrain comme du jeu, qui deviennent strictes et universelles, instituant des arbitres extérieurs. On organise une discipline, en vue de compétitions, justifiant en retour l’uniformité de l’étalonnage, avec pour marque suprême de l’intégration au Grand Rouage le statut olympique (vive l’équipe tibétaine de beach-volley !). Une fois tout ce qui faisait ces activités de loisir, affranchi des contingences de lieu et de participant, plus besoin de plage non plus, et les marchands du sport peuvent exiler le sable dans des arènes urbaines, au plus près des disciples/consommateurs. Au final, le seul élément qui demeure est le contact physique du pied de joueurs normalisés avec du sable normalisé, au service de l’esprit de compétition normalisé. Sur ce plan, la recommandation de la Commission est donc juste.

Une anecdote pour illustrer : je me souviens d’avoir visité la Public School d’Eaton, près de Londres. A l’opposé du sens, les Public Schools anglaises organisent l’apartheid social puisque ces établissements sont réservés aux enfants de Lords ou de la haute bourgeoisie (les élèves sont encore, dans certaines circonstances, en queue de pie et haut de forme). Notre guide nous montre un coin de cour, formé par un pan de l’abside de la chapelle, un mur d’enceinte et le muret des pissotières, où les élèves aimaient à jouer à la paume. Mais pour « x » raison, c’était désormais interdit. Plus loin, il nous montre, alignés le long d’un mur, cinq fois la reproduction à l’identique de cet angle très particulier. Au lieu de laisser les élèves trouver un autre endroit approprié, éventuellement définir de nouvelles règles adaptées à la situation ou à leurs envies, les autorités de l’école avaient donc figé le jeu en rendant intangibles tous les éléments de la contingence initiale, jusqu’à reproduire dans ses dimensions exactes le coin de cour entre Christ et urinoirs ! Derrière cette norme de l’hyper-contingence, très british, c’est le même mécanisme de confiscation de la règle, arrachée à ses usagers pour la poser dans un cadre abstrait, qui n’appelle plus que la conformité et l’obéissance pour elles-mêmes.

Le pouvoir sur la règle

En ces temps de chinoiseries autour de l’olympisme, il serait plus intéressant de débattre de notre rapport à la règle, à sa construction, à sa finalité ou à sa (re)mise en jeu. Laissons donc de côté le sport et l’esprit de compétition qui lui est consubstantiel, et ne prenons de cette activité que la partie intéressante : le jeu et sa substance, la règle. Dans l’exemple des jeux de plage, on note tout d’abord qu’en supprimant l’enjeu (vaincre/éliminer, hiérarchiser, …), on revient à l’organisation d’une activité collective qui n’a d’autre objet que le plaisir du faire ensemble. L’absence d’enjeu est la garantie du jeu.

Ensuite et surtout, placés dans un contexte environnemental, physique et psychologique particulier, les joueurs en viennent naturellement à inventer eux-mêmes les règles adaptées aux contingences de ce contexte. Ils le font souvent en piochant dans des règles connues et partagées au titre d’une culture commune et en les adaptant. Mais l’on pourrait imaginer des joueurs irréductibles au conformisme réinventant à chaque fois un tout.

Dès lors que le but est le faire ensemble, et que les règles choisies en sont le cadre, il n’est plus besoin d’arbitre extérieur qui sanctionnera des « fautes » ; les joueurs eux-mêmes s’autoarbitrent naturellement. On peut même imaginer que face à une situation de jeu inattendue, la règle leur apparaisse frustrante, et qu’elle soit modifiée d’un commun accord en cours de jeu pour garantir encore plus de plaisir.

Il y a dans cette construction de la règle pour les besoins du moment et pour soi-même, et dans cette autogestion naturelle de la règle, un apprentissage essentiel contre le Tyran, qui lui, n’aura de cesse que de figer la règle dans une abstraction réductrice, de l’extérioriser pour en déposséder ses auteurs légitimes. Car il sait que viennent immédiatement derrière : l’autorité, la hiérarchie, le corps des juges, la sanction ; bref, son pouvoir de contrainte sur autrui.

Règle du jeu et jeu avec la règle

Tant qu’elle reste la chose de ses acteurs, la règle est outil de création, jusque dans la triche. Qui ne se souvient de parties d’autant plus joyeuses que l’on a triché pour le plaisir du jeu ? Cette triche-là, en effet, ne demande qu’à être découverte, car en l’absence d’enjeu au gain ou à la perte, c’est l’ingéniosité du joueur qui s’exprime dans ce frottement aux limites de la règle : l’outrepasser, y revenir, déjouer la vigilance des autres. Le joueur qui s’y livre serait donc frustré de ne pouvoir ensuite partager le plaisir de cette invention, qui n’a pu exister que dans l’espace collectif du jeu et de ses règles. Et démasquer le tricheur est, pour les autres, un jeu dans le jeu. Tout le contraire de la triche en milieu hiérarchisé et autoritaire, où il s’agit d’une stratégie individuelle pour écarter l’adversaire et qui doit rester cachée pour être efficace.

A l’instar de l’artiste qui se pose une contrainte d’expression (outils particuliers, règles d’écriture, etc.) pour révéler une singularité nouvelle, la règle du jeu permet l’expression de l’inventivité : la belle combinaison lorsqu’il s’agit d’un jeu d’esprit ; le beau geste lorsqu’il s’agit d’une activité physique.

Alors, sportifs de l’Olympe, plutôt que de pleurer un badge ridicule, retrouvez l’esprit du jeu, et retournez contre vos mandarins le seul projet qui vaille : « be a son of a beach ! »

Otis TARDA Milite au groupe Louise-Michel de la Fédération Anarchiste

Notes

(1) jeu de mot pour anglophiles grossiers, jouant des prononciations voisines de « beach » (plage) et « bitch » (pute), dans l’insulte machiste « son of a bitch » (fils de pute).

(2) sur les liens entre sport, tourisme et contrôle du corps en société capitaliste, lire l’article de Jacques Birouste, « la police des coprs », in Le Nouvel Observateur, hors série oct.-nov. 2005. A rapprocher de la vision de l’exotisme par Segalen, dont une belle présentation fut donnée par Simon Leys dans « L’humeur, l’honneur, l’horreur : essais sur la culture et la politique chinoises » (Robert Laffont, 1991 - repris avec les autres essais de Simon Leys sur la Chine, en 1998, coll. Bouquins).

(3) Cf. « Le français, histoire d’un combat », Claude Hagège, Livre de Poche, 1998.

(4) Cf. « La société contre l’Etat », Pierre Clastres, 1972, sur le rapport au chef des société dites « primitives ».

{Consulter} l'article avec son forum.


Rubrique : {Transports}

Corps en transports contrôlés : une civilisation de mal-élevés !

Dr Martius, ML n° 1522, juin 2008

Le samedi 23 août 2008 par Gr Louise Michel

Dans un précédent article (1), je visais le déplacement du discours dominant du terme de transport à celui de mobilité. De l’action et de ces instruments (transports en commun signifie l’action, le moyen et le système global), on passe au caractère de quelque chose ou de quelqu’un, une capacité envisagée seule, indépendamment de ses moyens et but. La mobilité pense le mouvement hors de l’action du sujet, et devient la désincarnation du transport. De transport à mobilité, c’est aussi un rapport au corps qui se joue : l’abdication de sa capacité d’action. Pour contrôler que l’action ne resurgisse pas de la mobilité (par ailleurs survalorisée), on sort la mobilité du corps, et le transport se fait de plus en plus dans l’immobilité du sujet. Dans deux articles plus récents (2), je trouvais dans les dernières publicités de la SNCF une illustration de cette mobilité qui s’affiche contre le transport. Cette fois-ci, c’est le lien de cette dialectique avec le contrôle, dans le cadre de la police des corps, qui retient mon attention.

Transports, contrôles et surveillances

Parce qu’ils sont nécessaires aux flux (essentiels au capitalisme) et à la maîtrise physique d’un territoire (exigence du pouvoir étatique), mais parce qu’ils renvoient aussi à la liberté de circuler, les transports sont un lieu privilégié de contrôles, surtout dans une organisation spatiale fondée sur la spécialisation fonctionnelle et l’apartheid social (tous les discours sur la mixité sont des leurres).

Il faut à la fois permettre l’approvisionnement des quartiers d’activité en main d’œuvre, des zones commerciales en consommateurs, des lieux de tourismes en touristes, etc. Et à la fois maintenir les classes dangereuses dans leurs réserves périphériques : banlieues pour tous types d’exclus, abords d’autoroutes, de parkings ou de décharges pour les sans-abris ou les gens du voyage, zones de rétention pour les condamnés à l’expulsion, prison pour les récalcitrants… !

Les cerbères du système ne gèrent ces contradictions qu’en renforçant davantage les instruments de contrôle et surveillance. Ça saute aux yeux dans les transports : grillages électrifiés contre les clandestins autour du tunnel sous la Manche, portillons étroits dans les transports urbains, vidéo-surveillance généralisée, billet à puce électronique qui fiche vos déplacements, contrôleurs en nombre, vigiles et maîtres chiens de tous acabits, agents de sécurité de la SNCF et de la RATP disposant du port d’arme, patrouilles des différents services de police, voire patrouilles de l’armée avec VIGIPIRATE. Le droit pénal vient en appui zélé. Il sur-pénalise les espaces de transports en commun (une même infraction est punie plus sévèrement si elle est commise dans une gare, la nature du lieu étant qualifiée de circonstance aggravante). Il crée des infractions spécifiques (cf. le délit de fraude habituelle qui punit jusqu’à 6 mois de prison ferme et 7.500 € d’amende l’infortuné qui aura accumulé plus de 10 PV non réglés sur 12 mois). Il vise tous les modes de transports (la répression des infractions routières s’est aussi considérablement accrue depuis 1999 ; quant au transport aérien, il multiplie les interdictions et les techniques de contrôle).

Contrôle & surveillance : une civilisation

Ce n’est pas nouveau, diront certains. Le vagabondage fut longtemps un délit (et le redevient aujourd’hui en pratique). L’Amérique de la Grande Dépression avait constitué une police spéciale pour traquer les Hobos (ces pauvres qui sillonnaient les Etats en train de marchandises pour traîner leur misère et glaner quelques petits boulots), etc. Certes ! Mais ce qui frappe aujourd’hui, c’est que contrôle et surveillance généralisés sont proposés sans complexe comme modèle et critère de civilisation.

D’abord dans ce que l’on veut montrer de soi. Ainsi de la SNCF qui a signé avec l’Etat, en juin 2006, un partenariat pour le développement de l’éducation à la sécurité et à la citoyenneté ferroviaire, en multipliant les IMS (Interventions en Milieu Scolaire). Or si l’apprentissage du danger pour sa propre intégrité est utile (une caténaire peut véhiculer du 25000 volts et l’arc électrique se forme et vous électrocute bien avant que l’on ait pu toucher le fil), la « citoyenneté » évoquée ici, ne se rapporte qu’à l’aspect pénal de l’activité des contrôleurs et des agents de la police SNCF (la SUGE), qui constituent la majorité des intervenants. J’ai en tête une illustration dans le canard interne de la SNCF, montrant, pour l’opération « J’aime le train » en mai 2006, un agent SUGE en uniforme passant des menottes à un gamin d’une dizaine d’année, avec la légende : « un agent de la Suge explique son métier en gare de Toulouse-Matabiau » …

Ensuite c’est le terme même de civilisation qui est convoqué. Par exemple la Mairie de Paris qui n’hésite pas à appeler « espaces civilisés » certaines zones réaménagées avec une séparation des voiries (voitures individuelles, transports en commun, vélos, piétons), des plantations diverses, mais aussi des bancs anti-sans-abris, caméras de vidéosurveillance, et patrouilles de polices plus fréquentes. Bref, une hiérarchisation stricte de l’espace (en fonction du niveau de mobilité du corps) contrôlable et sanctionnée. De plus, ce n’est pas pour le réaménagement de la rue de Passy, dans le très chic 16ème arrondissement, que ce terme est retenu, mais pour les plus populeux Bd. Barbès (18ème) et Magenta (10ème). On est donc bien dans une lutte de la civilisation contre les barbares – le peuple - qui n’a plus droit à la ville ; c’est-à-dire au sens propre : droit de cité !

Ce sont encore les instruments du contrôle qui s’érigent en référence culturelle. Les usagers des gares SNCF connaissent, depuis mai 2005, les nouveaux composteurs à « tête » jaune, s’incurvant et s’affinant vers le haut en formes ovalisées, lisses et presque sans arrêtes, avec la fente pour le billet en bas et le petit afficheur digital dans le tiers supérieur ; respectivement comme une bouche et un regard (tant par l’emplacement que par la fonction de ces éléments). Et bien figurez-vous que la SNCF, dans sa campagne de promotion de ce « progrès » pour le client, n’a pas hésité à comparer ces composteurs aux statuettes de l’art grec cycladique du 3ème millénaire av. J.C. : idoles en marbre blanc, parfaitement polis, représentant les têtes de manière très stylisée, effilée, plate, sans yeux dessinés, et juste une arrête centrale esquissée pour figurer le nez. Dans la représentation occidentale très ethnocentrée, d’une évolution linéaire de l’Humanité et de l’Art, cette référence aux origines du monde grec est un renvoi extrêmement fort à la civilisation avec un grand « C ». La brève du canard interne de la SNCF ne laisse pas de doute sur l’intention. Il s’intitule « Culture et composteur », et conclut : « la civilisation du cycladique ancien s’est épanouie pendant le troisième millénaire avant J.-C. Ces statuettes en marbre poli, qui font partie des trésors archéologiques légués par cette civilisation (aux idées d’avance… [ndlr : c’est le slogan actuel de la SNCF]), sont étonnamment modernes ».

Outre qu’elle procède d’un pur colonialisme historique, cette sommation faite à une civilisation antique de venir adouber un projet actuel totalitaire et policier, en se réincarnant - au sens propre - dans les outils du contrôle, est d’une portée psychologique énorme. Via nos imaginaires culturellement référencés, on nous suggère ni plus ni moins d’idolâtrer un composteur, devenu personnification du contrôle.

Référence pour référence, j’en proposerais une autre : les composteurs comme les fétiches de la sorcière Karaba dans le film d’animation de Michel Ocelot, « Kirikou et la sorcière ». Ils peuvent alors être vus comme des êtres maléfiques devenus étrangers à l’humanité, zélateurs serviles d’une méchanceté qui puise sa source aux violences enfouies de l’homme sur la femme. Faites le test, revoyez le film avec ce filtre : au moins cette vision nous ouvre-t-elle un champ de réponses au pourquoi et au comment de la tyrannie.

La SNCF n’est pas seule sur ce créneau de la civilisation. La RATP lui a emboîté le pas, à l’automne 2006, avec une problématique plus suburbaine de lutte contre les « incivilités ». C’est ici carrément l’espèce humaine qui est convoquée. Une série d’affiche opposait en effet un « homo modernus » aux motivations rationnelles et civilisées, et un être jamais nommé mais représenté au travers d’outils de la préhistoire : feu grossier, pierre taillée,… Un des slogans était : « l’homo modernus utilise l’outil pour construire, pas pour détruire », montrant une pierre taillée posée sur un siège lacéré.

Ici encore, la bêtise et une vision ethnocentrique sont amplement sollicitées. Car les archéologues ont montré combien la pierre taillée relevait d’une grande maîtrise technologique, et, à l’évidence, l’outil servait à construire les conditions de sa vie : chasser, dépecer, couper, tanner, créer d’autres outils, etc. A l’opposé, il faut être foutrement débile pour oser parler de l’outil qui construit, au siècle des armes de destruction massive et des catastrophes humanitaires, sanitaires ou écologiques…

Dernier exemple en date : les publicités actuelles pour le STIF (Syndicat des Transports en Ile-de-France) pour vanter son action. Elles ne visent pas explicitement à associer civilisation, normalité (dont le caractère payant) et contrôle des déviances, mais il est remarquable qu’elles reposent encore sur une convocation de la civilisation occidentale au travers de savants puisés à tous les âges : Archimède, Léonard de Vinci, Descartes, Christophe Colomb, Mozart, Darwin, Eiffel, Einstein ; excusez du peu !

Il y a donc bien, autour des transports, une sorcellerie recherchée entre civilisation, mobilité et contrôle. Une incantation pour civilisation et mobilité : le crédule est ferré. Une autre pour mobilité et contrôle : le crédule n’y voit que du feu. Trop tard ! Lucifer en personne fermera le triangle : contrôle et civilisation.

Du contrôle à l’autocontrôle par la peur

Une fois le crédule pris (certains se vanteront d’avoir négocié leur âme au grand étalon de la concurrence libre et non faussée), il s’infligera lui-même, avec grand naturel, les stigmates de son satanisme. La métaphore est à filer jusqu’au bout, car avec la biométrie, c’est au plus profond du corps que vont se ficher – dans tous les sens du terme - ces stigmates.

Voyez par exemple cette publicité parue en juillet-août 2007 dans le journal d’Aéroports de Paris, pour un smart phone japonais, qui vante le lecteur d’empreintes digitales comme moyen de verrouillage/déverrouillage. L’accroche de la pub est : « la sécurité biométrique / la clé de votre mobilité ». Quelle mise en abîme ! Comme si cette mobilité exacerbée mais sortie du corps (1), de l’homme d’affaires toujours en avion, lui faisait perdre jusqu’à la conscience de sa présence au monde, ou plus exactement de la présence de son corps . Comme si le lecteur d’empreintes le rassurait autant sur sa réalité physique (qu’il peut contrôler à tout moment) que sur la protection de ses données personnelles (à l’heure où l’on sait que le piratage informatique est le fait des Etats et des mafias internationales aux moyens gigantesques). Dans le même temps où il existe parce qu’il est mobile, sa mobilité le fait disparaître à lui-même, et l’amène à s’autocontrôler constamment.

Et voilà l’archétype de l’homo modernus, hypermobile et hypercivilisé, terrorisé par lui-même. Comment peut-on imaginer qu’un tel homme – ou que celui qui, sans avoir ces outils, en fait son idéal – puisse se révolter ou même résister contre la machine de la tyrannie ? (3) et (4)

Elevons le poing !

Ce lien entre contrôle et police des corps dans l’espace des transports, prend une dimension singulière via les outils du transport payant, qui n’ont de cesse que de rabaisser le monde physique de trois à deux dimensions. Le ticket, le billet, le passe électronique - et leurs appareils de contrôle : la pince, la fente du composteur, le valideur sans contact – écrasent, aplatissent ou plaquent. L’acte symbolisant le contrôle est bien cette mise à plat physique.

Avec les passes électroniques, cet aplatissement se transmet au corps lui-même, surtout chez l’homo modernus au travail, dont on voit des spécimens se coucher littéralement sur le valideur des tourniquets dans le métro, ou se coller aux valideurs verticaux à l’entrée des bus, pour éviter d’avoir à sortir le passe de la poche de leur veste. Quant à la reconnaissance d’empreintes comme système de contrôle d’accès aux sites professionnels, il s’agit encore d’une mise à plat de la main.

Quand il n’y a rien à écraser, à aplatir ou à plaquer, alors seulement le système vous dispense du prix. Ainsi du règlement de la RATP qui a toujours prévu, comme éligibles à la gratuité, les personnes amputées des deux mains non accompagnées. Véridique ! Il sera intéressant de voir si les nouveaux outils électroniques sans contact feront revenir sur cette exception au principe du transport payant, tellement ancrée dans la dialectique du contrôle et de la police des corps.

Or dans l’espace orthonormé en (x,y,z) des architectes qui bâtissent la ville, comment appelle-t-on la troisième dimension « z » sinon l’élévation, qui est proprement la dimension de l’humain. La démonstration marche également si l’on devait considérer un plan de face en (x,z) : comment appelle-t-on alors la troisième dimension qui se développe à l’horizontale sinon la profondeur, qui nous renvoie sémantiquement à la richesse psychologique de l’humain. La civilisation du contrôle est donc, définitivement, une civilisation de mal-élevés et de superficiels !

Pour rester dans la métaphore mathématique de l’espace euclidien, rappelons que trois points ne peuvent définir qu’un plan, pas un espace. Civilisation, mobilité, contrôle : les trois points du triangle satanique ne seront vaincus que par l’émergence d’un quatrième point. Ce point, c’est le poing ! Celui que brandissent ceux qui résistent et luttent ensemble pour une révolution sociale et libertaire (5) et (6).

Pour retrouver de la hauteur et de la profondeur dans l’humain : élevons le poing !

Dr Martius Milite au groupe Louise-Michel de la Fédération Anarchiste

Notes

(1) « Du transport à la mobilité : déplacements à corps perdus ! », ML n°1480 (juin 2007), consultable sur la page du Groupe Louise Michel du site : www.federation-anarchiste.org

(2) « Le « Pro » : figure de classe, de 1ère classe ! », ML n°1503 (février 2008), et « Petite chronique de la mobilité dans les transports », ML n°1510 (mars 2008), consultables sur la page du Groupe Louise Michel sur www.federation-anarchiste.org

(3) sur le terrorisme d’Etat – le vrai terrorisme ! – lié au flicage par l’ADN, relire l’article « L’ADN et ses « victimes »… » dans le supplément au numéro de juillet 2005 de l’Envolée, journal de militants de l’anti-carcéral, qui animent également une émission de radio sur Fréquence Paris Plurielle, 103,6 MHz (site : http://journalenvolee.free.fr). Lire aussi les articles de Jean-Luc GUILHEM, Alain BROSSAT ou Olivier RAZAC, dans l’excellente revue COMBAT face au Sida (santé, drogues et société)

(4) sur une analyse des « Politiques de la peur », lire le n°19 de Réfractions (site : www.refractions.plusloin.org)

(5) Outre les articles dans le Monde Libertaire, différents textes approfondissent la question des transports gratuits pour tous :
  « Le Livre-Accès » du Collectif des Sans Tickets, de Belgique (2000)
  « Textes sur le gratuité » du Collectif FRAUDE DE MIEUX, (Ed. REFLEX, 2000)
  « Zéro Euro zéro fraude, transports gratuits pour toutes et tous » (Ed. du Monde Libertaire – Alternative Libertaire, 2002)
  « Déplacements sous contrôle – manuel juridique de l’arsenal répressif dans les transports » du collectif RATP (Réseau pour l’Abolition des Transports Payants, 2004)
  Article « Transports publics et gratuité : d’une évidence mal partagée à une revendication de rupture », de Martial LEPIC, dans Réfractions n°15 - hiver 2005 (site : www.refractions.plusloin.org)

Pour agir en Ile-de-France : Collectif RATP (Réseau pour l’Abolition des Transports Payants) 145, rue Amelot - 75011 PARIS. Mèl : gratuit@samizdat.net ; Site : http://metro.samizdat.net

(6) Pour une réflexion complémentaire sur la gratuité, voir l’essai « Pour la gratuité » de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, (Desclée De Brouwer, 1995, augmenté et revu en 2006 aux éd. de l’Eclat), aujourd’hui gratuitement diffusable via le site des Ed. de l’Eclat ou celui de « Peripheries »

{Consulter} l'article avec son forum.


Rubrique : {Groupe Evry-Corbeil (91)}

Arrêtons-les ! Prenons l’offensive !

15 juin 2008

Le dimanche 15 juin 2008 par Groupe Evry-Corbeil

Le programme de casse sociale et de répression mis en place par les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, se retrouve encore plus en position de force. Les plus précaires vont être particulièrement touchés par la radicalisation de la répression.

Les directions des confédérations syndicales, loin de construire la mobilisation sociale se résignent, en échange de leur survie, à négocier la remise en cause du droit de grève, du Code du travail, du contrat de travail ; à faire passer pour de nouveaux droits la fléxi-sécurité qui n’est que la perte des acquis collectifs de la classe ouvrière .

Il nous faut arrêter de toute urgence ce rouleau compresseur. Sinon, il ne restera rien de l’esprit de la Sécurité Sociale (franchises médicales) ; il ne restera rien des services publics et des statuts des personnels avec la « Révision générale des politiques publiques » et les propositions Attali ; il ne restera rien du système des retraites par répartition ; il ne restera rien de la laïcité, alors même que Sarkozy déclare que la « question sociale est subsidiaire » mais que celle de Dieu est fondamentale.

La raclée prise par l’UMP aux élections municipales n’a pas changé d’un iota les orientations pour lesquelles Sarkozy a été missionné par les marchés. Pas plus qu’en 2004 après la débâcle de la droite aux régionales ou qu’en 2005 après le non au référendum sur le Traité constitutionnel européen. L’évidence devrait s’imposer : L’issue ne peut relever des élections.

La solution ne viendra pas non plus des combinaisons politiciennes : qu’attendre du PS alors même que son secrétaire général déclare ne pas être « là pour contredire ou rendre illisible la politique du gouvernement » ? Et qu’attendre du futur parti pseudo anticapitaliste de Besancenot qui se situe déjà dans une logique électoraliste ?

Dans le monde, la croissance économique est utilisée comme fuite en avant pour masquer les inégalités sociales et la pauvreté. La spéculation et l’augmentation du prix des produits manufacturés rogne sérieusement le pouvoir d’achat au Nord et déclenche des famines au Sud. Le capitalisme, pour maintenir son taux de profit, doit sans cesse augmenter le taux d’exploitation des ressources humaines et naturelles jusqu’à épuisement.

Face à ce plan politico-syndical bien huilé qui s’organise un peu partout dans le monde, il existe tout de même des grains de sable : les luttes des sans-papiers (salariés ou non), les bagarres contre les plans de licenciements, contre les suppressions de postes dans les écoles, dans les hôpitaux, pour la hausse des salaires, pour le retour aux 37,5 annuités, la recherche de décroissance mortelle au capitalisme ...

Gérons nous-mêmes nos entreprises dans un souci de décroissance puisque c’est nous qui y créons les richesses, gérons nous-mêmes la sécurité sociale, les écoles, les hôpitaux et les caisses de retraites, solidairement, avec de vrais moyens gérés collectivement, puisque nous sommes les premiers concernés, gérons nous-mêmes nos quartiers, nos villes, nos zones rurales puisque c’est nous qui y vivons. C’est la seule issue à l’impasse suicidaire du capitalisme.

Groupe Jean Meckert, Fédération anarchiste. Contact : jean-meckert-corbeil-essonne@federation-anarchiste.org

{Consulter} l'article avec son forum.


Dernières brèves

Rubrique : {Groupe La Rue Râle (St Marcellin-Royans)}

T - 2008 - 7 au 9 novembre - Rencontres libertaires " Et pourtant ils existent "

Le jeudi 9 octobre 2008

Les rencontres libertaires « Et pourtant ils existent ... »

... même à la campagne ! Organiser un week-end permettant aux militants et aux sympathisants libertaires de pouvoir se rencontrer dans un esprit de solidarité, partager des moments de détente et de réflexion, d’émotions et de pratiques, tels sont les objectifs que le groupe La Rue Râle espère atteindre en vous invitant à ces rencontres libertaires.

C’est à St Jean en Royans, entre Grenoble et Valence, que se tiendra du 7 au 9 novembre ce rassemblement. Vous trouverez ci-dessous le programme détaillé.

Bien entendu ce week-end est ouvert à tous, lecteurs du Monde Libertaire, sympathiques sympathisants, militants d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, ou encore simples curieux et curieuses. Quel que soit vos motivations, que ce soit pour voir des anarchistes en chair et en os, partager vos expériences militantes ou découvrir un peu mieux la Fédération anarchiste, vous serez les bienvenus.

Nous espérons donc vous rencontrer bientôt à St Jean en Royans. Si l’idée des ateliers ne vous branche pas, vous pouvez toujours assister au spectacle musical du samedi soir, 8 novembre, ou encore filer un coup de main à la cantine autogérée, dans la salle d’expo, ou ailleurs...

Si vous souhaitez participer aux ateliers du samedi après-midi et/ou du dimanche matin et/ou si vous avez besoin d’hébergement, merci de nous contacter pour vous inscrire.

L’hébergement est possible en dortoir dans le gîte communal. Prévoir son sac de couchage, ses draps, sa peau de mouton, ... Le tarif est de 8€ par nuit. (Pour les personnes qui auraient des problèmes par rapport à ces conditions, nous contacter directement.)

Les repas, préparés par La M@rmite, cantine autogérée de Chambéry, seront sur la base du prix libre.


Groupe La Rue Râle - Fédération Anarchiste

vous invitent aux rencontres libertaires

« ET POURTANT ILS EXISTENT ! »

Les 7, 8 et 9 novembre à la salle des fêtes de St Jean en Royans

Vendredi 7 novembre 2008

19h00 : ouverture de l’espace libertaire (tables de presse, bar, expos, …)

20h30 : Soirée-débat : ANARCHIE ET SOCIETE. Présentation du mouvement libertaire, de l’historique des idées à la pratique sociale

Samedi 8 novembre 2008

10h00 : Ouverture de l’espace libertaire et des expositions (politiques, artistiques)

12h00 : Repas préparé par la M@rmite, cantine autogérée

15h00 : Le mouvement anarchiste aujourd’hui en France (sur inscription)

16h30 : Le fédéralisme libertaire : un outil à redécouvrir (sur inscription)

18h30 : Apéro-rencontre autour des expositions

19h30 : Repas préparé par la M@rmite, cantine autogérée

20h30 : Spectacle LE SOUFFLE DE L’ERRANCE proposé par la compagnie Les brûleurs de vie. Entrée à prix libre, les recettes iront en soutien à la librairie L’autodidacte de Besançon.

Dimanche 9 novembre 2008

9h00 : Ouverture de l’espace libertaire et des expositions

10h00 : Le fonctionnement de la FA : Les principes de base, les groupes, le Congrès, les Comités de Relation, ... (sur inscription)

12h00 : Repas préparé par la M@rmite, cantine autogérée

{Consulter} la brève avec son forum.


Rubrique : {Groupe La Rue Râle (St Marcellin-Royans)}

U - 2008 - 2 octobre - Cinéma-débat "We feed the world"

Le jeudi 9 octobre 2008

Le 2 octobre, le groupe a participé à l’organisation d’une soirée débat autour du film "We feed the world - ou - Le marché de la faim". Ce film était projeté au Cinéma Les Méliès de St Marcellin dans le cadre du Collectif Associatif, qui regroupe plusieurs groupes militants locales, dont La Rue Râle.

La soirée fut un succès. Le film en a choqué plus d’un, fait réfléchir, etc. Il est a voir pour celles et ceux qui ne l’ont pas déjà vu...

Nous regrettons seulement que le débat ait eu du mal à démarrer. Ce film en dit long sur la machine capitaliste et il y avait matière à débattre. On s’organisera mieux la prochaine fois !

{Consulter} la brève avec son forum.


Rubrique : {Groupe Lairial (Le Mans)}

Thème du 15 novembre 2008

Le samedi 4 octobre 2008

Socialisme libertaire.(à 16 heures).

{Consulter} la brève avec son forum.


Rubrique : {Groupe La Rue Râle (St Marcellin-Royans)}

V - 2008 - 30 août - La rentrée de la Rue Râle

Le mardi 2 septembre 2008

Le 30 août fût la journée de rentrée pour le groupe La Rue Râle qui n’a, finalement, même pas chômé cet été.

Entre le congrès de l’IFA à Carrare, début juillet, où deux personnes du groupe se sont rendus, les réunions de groupe qui ne se sont pas arrêtées, et les réunions du nouveau collectif associatif de St Marcellin, l’été est vite passé.

Voilà que samedi 30 août nous nous sommes trouvés avec des personnes du Collectif associatif de St Marcellin (on n’a pas encore trouvé un nom pour ce nouveau collectif) pour une journée de sensibilisation autour du fichage : Base élèves, EDVIGE, CRISTINA, et autres. Tracts en main, nous avons essayé d’alerter la population sur les dérives sécuritaires et le rétrécissement de nos libertés. Bien que beaucoup de léthargie régne, nous n’avons pas été mal reçus...

Puis, pour finir l’été en douceur, nos sympathisants étaient convoqués à 17h pour un Apéro-pique-nique champêtre et libertaire. C’était un moment convivial et sympathique dans un des coins les plus beaux du Royans... A vous de venir voir par vous mêmes l’an prochain !

La rentrée s’annonce chargée. Déjà, une soirée cinéma est prévue le jeudi 2 octobre au Cinéma Les Méliès à St Marcellin, en partenariat avec le cinéma et le Collectif associatif. Plus de détails à suivre bientôt.

Le vendredi 7 novembre, un débat sur le mouvement libertaire se fera à St Jean en Royans.

Le samedi 8 novembre, une soirée spectacle sera présentée par la companie Les Bruleurs de Vie à St Jean en Royans. Soirée à prix libre, en soutien à l’Autodidacte de Besançon.

{Consulter} la brève avec son forum.


Rubrique : {Groupe La Rue Râle (St Marcellin-Royans)}

W - 2008 - 6 juin - "Terrorisme alimentaire, Agriculture Totalitaire" Soirée-débat sur les pesticides, OGM, et autres menaces

Le mardi 27 mai 2008

Terrorisme alimentaire, Agriculture Totalitaire

Soirée-débat sur les pesticides, OGM, et autres menaces, en présence de trois producteurs locaux engagés.

Le vendredi 6 juin à 20h30 à la Maison du Royans à St Jean en Royans. Soirée organisée par le Groupe La Rue Râle de la FA, en partenariat avec Activ’Royans.

Pour plus d’informations, veuillez contacter le groupe par email.

{Consulter} la brève avec son forum.



Rechercher sur ce site :

{Site réalisé avec le logiciel SPIP} {relations intérieures de la Fédération anarchiste} {Plan du site}